LE LABORATOIRE DE RECHERCHE EN SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION DU CELSA
EA 1498
Conférence

La culture médiatique francophone au 19e siècle, entre circulation et viralité

Conférence publique de Guillaume PINSON

Mercredi 9 décembre 2015 - 14:00

Lieu : 
CELSA - université Paris-Sorbonne
77, rue de Villiers
92200 Neuilly-sur-Seine
France
Organisé par : GRIPIC

Professeur invité au Celsa, Guillaume Pinson est professeur titulaire à l'Université Laval, Québec, et codirecteur de la plateforme numérique Médias 19 (www.medias19.org).
Ses recherches portent sur la notion d'imaginaire et de culture médiatiques, partant du 19e siècle pour aboutir à une réflexion sur le numérique.
Son dernier ouvrage, paru aux Presses universitaires de Laval, s'intitule : La culture médiatique francophone en Europe et en Amérique du Nord. de 1760 à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

Guillaume Pinson faisait allusion par le titre de sa conférence à son dernier ouvrage. La culture médiatique francophone en Europe et en Amérique du Nord. de 1760 à la veille de la Seconde Guerre mondiale décrit l'émergence d'un vaste système de distribution des textes et des idées s’étendant sur les deux rives de l'Atlantique. À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, les journaux des communautés francophones en viennent à partager un répertoire de formes, d'usages rédactionnels et de tropes récurrents. Le pouvoir de dissémination inhérent aux techniques de communication (télégraphe optique, puis électrique, chemins de fer, vaisseaux à vapeur) est alors renforcé par certaines pratiques documentaires favorables à la recopie. En l'absence de droits de propriété intellectuelle effectivement appliqués sur les productions périodiques, textes et formats circulent intensément, sans restriction d'usage. Le découpage en feuilleton ou le modèle de la presse satirique essaiment ainsi dans la plupart des communautés francophones.

Guillaume Pinson est également engagé dans une méta-réflexion à l'égard de ses propres pratiques de recherche. Il co-dirige la plate-forme Médias19 qui associe une base de données (notamment de biographies de journalistes), un espace de rééditorialisation de sources primaires et un lieu de publication et de réflexion sur la presse ancienne. Par la pluralité de ces attributions, Médias19 se situe dans la continuité des humanités numériques, en ce sens que la mise à disposition des documents et des données est indissociable d'un questionnement sur les modalités des pratiques de recherche numérisées et les regards qu'elles instaurent. La numérisation massive des collections de presse depuis une dizaine d'années a changé profondément les manières de classer et de questionner l'archive médiatique. La versatilité de l'écran permet de connecter des corpus a priori distincts qui partagent pourtant des traits culturels communs. La détection automatisées des reprises de textes dans la presse ancienne, initiée par Ryan Cordell, donne à voir des formes d'interrelation passées inaperçues : la « viralité » des brèves et des formes « mobiles » et, par là, l'inscription structurelle de productions a priori distinctes dans un système global.

Les deux principales problématiques tendent aujourd'hui à se rejoindre, c’est ce qu’il ressort à l'issue de la conférence. Les médias sont actuellement engagés dans une nouvelle transformation majeure, qui paraît, dans une certaine mesure, analogue aux recompositions initiées par l'avènement du système médiatique au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle. C'est ainsi que la contribution de l'étude de la presse ancienne se trouve réévaluée : Il s'agit de voir ce qui hante encore nos regards au travers d'usages de plus en plus questionnés.

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