LE LABORATOIRE DE RECHERCHE EN SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION DU CELSA
EA 1498
Journée(s) d'étude

Cultures de l’enquête

Mardi 5 juin 2018 - 09:00

Lieu : 
CELSA
77 rue de Villiers
92200 Neuilly-sur-Seine
France
Organisé par : GRIPIC

Cette journée d’étude est destinée à présenter et partager un état de la réflexion développée depuis deux ans au sein du séminaire « Cultures de l’enquête », qui réunit chaque mois des membres du GRIPIC.

Elle s'intéressera plus particulièrement aux dimensions politique, culturelle, réflexive et aux modes d'expression de l'enquête.

le 5 juin 2018 de 9h à 17h
CELSA, salle 116

Nous avons cherché, au cours des séances,  à partager une réflexion ancrée dans des expériences qui nous impliquaient directement, qu’il s’agisse d’expériences sur des terrains de recherche depuis une position toujours singulière aux plans administratifs et biographiques, ou bien d’expériences vécues hors temps de recherche proprement dit mais revisitées au prisme d’une réflexion permanente sur les communications sociales et les phénomènes sociaux saisis ou éprouvés dans les communications, ou encore d’expériences de lecture et de rencontre dans et par les textes d’autrui sur l’enquête ou la méthode. L’objectif commun était de construire un espace collectif, réflexif, indemne de toute une série de faux problèmes, de catégories sans intérêt, de positionnements inutiles, à propos de l’enquête en sciences sociales, pour utiliser le temps que nous avions à une construction commune, un partage, cohérent avec les exigences des sciences anthropo-sociales et culturelles contemporaines, confrontées aux tensions très fortes qui pèsent sur la maîtrise de la production et du partage des savoirs, tensions qui ont une acuité particulière dans les sciences de l’information et de la communication.

Nous avons dégagé quatre axes de réflexion pour préparer cette journée :

  • La dimension politique de l'enquête (avec en corollaire sa dépolitisation par le rabattement de l’enquête sur des techniques, que l’on maîtriserait de manière plus ou moins professionnelle). C'est cette dimension politique qui nous permet de questionner les critères de scientificité adossés à des normes professionnelles de technicité, d’organisation et de production (rappelons que dès le XVIIème siècle en Angleterre, se développait un débat relatif à l’indépendance du travail savant !). Cette dimension politique de l’enquête renvoie aussi à la vision du monde qui sous-tend les sciences humaines et sociales, à liberté de questionner les enjeux d'une production collective de savoirs, et au lien direct entre enquête et démocratie chez Dewey.
  • La dimension culturelle de l'enquête : celle-ci nous permet de nous affranchir de la distinction technique entre enquête par entretiens ou questionnaires et enquête sur les documents puisque d'une part toute investigation nous rend sensibles  aux rencontres et aux médiations grâce auxquelles elle est possible (au point que la culture ait pu être revendiquée comme méthode par Barthes) et que d'autre part notre armature culturelle singulière est essentielle dans les rapports de distance et de proximité, la compréhension, dans l’expression et le partage de ce qui se construit ou se découvre dans l’enquête.
  • La dimension réflexive, essentielle, puisque qu’il n’existe aucun accès à un réel indépendant de situations de communication dans lesquelles nous sommes impliqués, et qui elles-mêmes renvoient à des rapports sociaux, des pratiques culturelles, des systèmes de normes et des contradictions, notamment dans les terrains où bien d’autres intérêts de connaissance que ceux du chercheur interviennent dans le recours à la recherche : CIFRE, commandes, partenariat, alliance, etc…
  • Les modes d'expression, et les manières d'écrire ou de rendre compte qui sont en rupture avec la production académique normée ou bien à l'inverse qui s'approchent de celle-ci. Du « deuxième livre » en ethnologie au « troisième continent » entre histoire et littérature d’Ivan Jablonka, on trouve quantité d’inventions auctoriales, éditoriales, médiatiques, qui sont la forme même du savoir tel qu’il est d’emblée parlé ou écrit avec et pour autrui.

Les interventions durent 12 minutes, et sont suivies d’un temps de discussion de 15mn

Modération du matin : Adeline Wrona
Modération de l’après-midi : Valérie Jeanne-Perrier

Matinée : 9h – 12h (pause au milieu)

  • Joëlle Le Marec : « Scientificité, volonté de savoir et formes de vie : retour sur le séminaire » 
  • Juliette Charbonneaux et Hécate Vergopoulos : « Singularité de l'enquêteur et culture de l'enquête »
  • Romain Vindevoghel : « Du brief au travail de recherche : les documents intermédiaires de l’étude de cas du master recherche 2016-2017 »
  • Olivia Foli et Julien Tassel : « Les dépendances aux professionnels dans la recherche menée en entreprise : contraintes et opportunités créatrices »
  • Laurence Salvator et Judith Dehail : « L'enquête, le public et la condition de citoyen. A propos de la philosophie politique de J. Dewey »

Après –midi : 14h - 17h (pause au milieu)

  • Pauline Escande Gauquié : « La proximité du chercheur à son terrain, vers une participation observante :  enquête auprès des professionnels du cinéma français »
  • Pauline Brouard, Guillaume Heuguet : « Ouvrir «le numérique» à la diversité des postures et des travaux des jeunes chercheurs : retour réflexif sur l'organisation du séminaire doctoral Transnum à Sorbonne Université »
  • Aude Seurat : « Quelle place pour la réflexivité des acteurs sociaux dans l’écrit de recherche ? »
  • Sarah Labelle : « Retour sur le colloque «ethnographie et négociation : accéder et se maintenir sur un terrain d'enquête» organisé par les ateliers lausannois d'ethnographie
  • Discussion conclusive et ouvertures
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