LE LABORATOIRE DE RECHERCHE EN SCIENCES DE L’INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION DU CELSA
EA 1498
Conférence

Pour un humanisme numérique [AUDIO]

Milad Doueihi

Mercredi 16 décembre 2009 - 09:30

Lieu : 
CELSA
77 rue de Villiers
92200 Neuilly-sur-Seine
France
Organisé par : GRIPIC

Historien de l'Occident moderne, Milad Doueihi est professeur à l'université de Glasgow. Il tient une chronique sur «la culture numérique» dans l'émission Place de la Toile sur France-Culture. Il a notamment publié : Une histoire perverse du coeur humain (1996), Le Paradis terrestre. Mythes et philosophies (2006).

Le titre de son dernier ouvrage – La Grande conversion numérique (2008) – pose un certain nombre de questions. Le processus de civilisation déclenché par la révolution numérique bouleverse tant notre vie quotidienne que nos conceptions du livre, de l’encyclopédie, du savoir, de l’homme. De l’omniprésence de la médiatisation informatique aux mutations des pratiques anthologiques, d’une conception nouvelle de l’identité, polyphonique, « antigénéalogique » et déterritorialisée, à l’émergence d’hétérodoxies – d’hérésies – dans la culture numérique, il devient nécessaire de penser l’articulation entre l’ère de l’imprimé et celle des fragments aux supports multiples, entre un mode d’habitation du monde fondé sur la stabilité (d’un code, d’un espace, d’un contexte de transmission) et la généralisation de l’hybridation comme vertu constitutive, non seulement de l’objet ou de l’image, mais aussi d’une culture contemporaine, la nôtre. On aboutit ainsi à la notion d’un « humanisme numérique ». Mais comment concilier l’exigence de mémoire, d’archives ou de conservation des traces et la nouvelle interactivité que proposent les réseaux, plateformes et navigateurs ? Immense changement de paradigme, la considération de l’évolution des matérialités ne signe pourtant pas un abandon de toute catégorie ou classification, mais bien plutôt une déstabilisation de l’esthétique classique et une reconnaissance des liens qu’entretiennent identité et constitution des savoirs. Milad Doueihi s’attache ainsi à comprendre comment un idéal de libre partage et une variabilité des « êtres culturels » peuvent, ou pourraient, donner lieu à des choix esthétiques, politiques et sociaux novateurs. Si les fractures numériques peuvent se multiplier, entre producteurs de savoirs et d’informations, anonymes mais parfois « amis », et autorités savantes notamment, c’est bien que la culture numérique n’annule pas tout conflit de légitimité. Elle n’annule pas non plus tout risque : par les nouvelles économies d‘interface (le cloud), la culture numérique modifie nos habitus, voire nos idéologies.

 

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Questions et conclusion :

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